Dénutrition : repérer les signes et agir sans attendre
Du 16 au 22 novembre 2026, la Semaine nationale de la dénutrition invite chacun à mieux connaître cette maladie et à être attentif aux premiers signes, pour soi comme pour ses proches. Portée par le Collectif de lutte contre la dénutrition, cette mobilisation rappelle qu’une perte de poids involontaire ne doit pas être banalisée.
La dénutrition, qu’est-ce que c’est ?
La dénutrition apparaît lorsque les apports alimentaires ne couvrent plus les besoins de l’organisme en énergie et en protéines. Cela peut arriver lorsque l’on mange moins, mais aussi lorsque les besoins augmentent, notamment en raison d’une maladie.
L’organisme puise alors dans ses réserves et les muscles peuvent fondre. Cette perte musculaire fragilise le corps : elle favorise les chutes, ralentit la cicatrisation et peut entraîner une perte d’autonomie. La dénutrition est une maladie qui nécessite une prise en charge.
Une maladie qui peut toucher à tout âge
Si les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, la dénutrition concerne aussi les enfants, les adolescents et les adultes. Une maladie, une hospitalisation, une perte d’appétit ou des difficultés à s’alimenter peuvent favoriser son apparition.
On peut également être dénutri tout en étant en surpoids ou en situation d’obésité. La masse grasse peut masquer une perte importante de muscles : l’apparence physique ne suffit donc pas à écarter le risque.
Chez nos aînés, l’isolement, les difficultés à faire les courses ou à cuisiner, les problèmes dentaires et certains traitements peuvent diminuer les prises alimentaires. Manger moins avec l’âge ne signifie pas que le corps a moins besoin d’être nourri.
Quels signes doivent alerter ?
Certains changements du quotidien méritent votre attention :
une perte de poids involontaire ;
des vêtements devenus trop larges ou une alliance qui glisse ;
une diminution de l’appétit ou des portions ;
des repas régulièrement sautés ;
une baisse de force, avec davantage de difficultés à se lever ou à marcher.
Une perte de poids d’au moins 5 % en un mois ou 10 % en six mois constitue un signal d’alerte important. Pour une personne pesant habituellement 60 kg, cela représente 3 kg en un mois ou 6 kg en six mois. Ces repères ne suffisent pas à poser un diagnostic : une évaluation médicale est nécessaire. N’attendez pas de les atteindre pour consulter si vous êtes inquiet.
Comment prévenir la dénutrition au quotidien ?
Prévenir la dénutrition, c’est préserver des apports suffisants tout en gardant le plaisir de manger. Plusieurs habitudes peuvent aider :
Conserver des repas réguliers, avec des collations si l’appétit ne permet pas de manger suffisamment aux repas.
Privilégier les aliments appréciés et varier les saveurs pour donner envie de manger.
Partager les repas lorsque cela est possible : la convivialité peut stimuler l’appétit.
Demander de l’aide pour les courses ou la préparation des repas si ces tâches deviennent difficiles.
Surveiller régulièrement son poids et signaler toute baisse inhabituelle.
Selon la situation, un professionnel de santé peut conseiller d’enrichir les plats, par exemple avec du fromage râpé, de la poudre de lait ou de la crème. Une activité physique adaptée aux capacités de la personne contribue également à entretenir les muscles et à stimuler l’appétit. Si nécessaire, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels oraux, qui viennent compléter l’alimentation habituelle.
Les protéines : indispensables pour préserver les muscles
Les protéines contribuent à entretenir les muscles, à préserver la force et à maintenir l’autonomie. Atteindre 60 g de protéines par jour peut constituer un repère, mais les besoins varient selon le poids, l’âge et l’état de santé : cette quantité peut être insuffisante, notamment en cas de dénutrition. Chez la personne âgée, les besoins sont généralement d’environ 1 à 1,2 g par kilo de poids corporel et par jour, soit 60 à 72 g pour une personne de 60 kg. Un professionnel de santé pourra préciser l’objectif adapté à chacun. Pour y parvenir, répartissez les sources de protéines entre les repas : œufs, poisson, viande, produits laitiers, lentilles, pois chiches… Attention : 60 g de protéines ne correspondent pas à 60 g de viande ! Varier les aliments et conserver une alimentation suffisamment énergétique permet de mieux couvrir les besoins de l’organisme.

Vous êtes un proche ou un aidant ? Votre vigilance compte
Un réfrigérateur qui reste plein, des repas délaissés ou des vêtements qui flottent peuvent être les premiers indices. Prenez le temps d’en parler avec la personne, sans la culpabiliser, pour comprendre ce qui rend l’alimentation difficile : manque d’envie, douleur, problème de mastication, solitude ou difficulté à préparer les repas.
Repérer tôt ces changements permet de demander de l’aide avant que la situation ne s’aggrave.
Du 16 au 22 novembre 2026, parlons de la dénutrition !
La Semaine nationale de la dénutrition est l’occasion de s’informer, de partager les bons réflexes et de rappeler que chacun peut contribuer au repérage : patients, familles, aidants et professionnels de santé.
Retrouvez les informations et les ressources de la campagne sur le site du Collectif de lutte contre la dénutrition.
Vous avez perdu du poids sans le vouloir ? Vous mangez moins ou vous êtes inquiet pour un proche ? Parlez-en à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé de la MSP Source Santé pour faire le point et être orienté vers un accompagnement adapté.





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